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victor hugo - Page 3

  • A la recherche du livre


    Je n'ose plus compter les tags en retard, mais je me rassure en me disant que l'essentiel est de penser à les faire...

    Aujourd'hui je me penche sur le tag de Thé Citron : « comment tu choisis tes livres » !


    Bien, bien, bien, je crois venue le moment où je vais clairement apparaître comme une psychopathe.... (Sauf si c'est déjà fait dans ton cœur bien sûr ^^)

    Alors, si tu ne le sais pas, j'aime lire. J'adore lire. Certains diront que cela confine au vice, mais fuck, je m'en fiche et n'en ai cure.

    Ceci posé : ne t'avise JAMAIS de m'offrir un livre, roman, essai, poésie, peu importe, ne m'offre jamais de livre, sauf si tu disposes d'une liste de titres fournie par moi. Le fait est que les quelques personnes qui se sont aventurées à faire ce geste, s'en morde encore les doigts : soit j'ai déjà lu le bouquin en question, soit je voue un mépris sans fond à Marc Lévy, Guillaume Musso, Anna Gavalda l'auteur.

    Seul deux personnes disposent d'une dispense pour contourner cet interdit...

    Ensuite, pour choisir un bouquin, il y a différentes étapes. Quatre étapes.

    D'abord, j'ai une liste de titres, que je note sur un carnet, des titres entrevus lors de critiques, entendus à la radio, ou des réminiscences de certains classiques oubliés. Je vais donc forcément chercher à acquérir des ouvrages de cette liste.

    Ensuite, je m'attaque aux nouveautés en poches : j'adore farfouiller dans les grandes tablées à la Fnac, au Virgin, ou dans les librairies de quartier, qui se font bien rares je trouve ! Même si je ne connais pas du tout l'auteur, je peux tout à fait céder.

    Puis, je m'intéresse aux collections : il y a des éditeurs dont j'achète le catalogue presque les yeux fermés, essentiellement 10/18, Phébus Libretto, Rivages, le Serpent à Plumes et Actes Sud. Je peux être quasi certaine qu'un ouvrage issu de ces maisons me comblera parfaitement !

    Enfin, je craque régulièrement à la beauté d'une couverture. Et à cet égard je vous invite à jeter un œil chez Anouchka, et plus particulièrement à ce billet, où elle montre quelques magnifiques couvertures des éditions Zulma.

    Voilà, je suis assez rigide sur ces étapes, je procède toujours de la même manière.

     

    Maintenant, évidemment, je vais avoir la joie infinie, sans exagérer, de demander à Mona, Elizabeth et Alicia leur façon de faire sur ce sujet !

     

     

  • Ce n'est pas la chair qui est réelle, c'est l'âme.

    La chair est cendre, l'âme est flamme. C'est la suite du titre, tirée d'un extrait de Victor Hugo.


    Je suis un être complexe : sous des dehors de fine tacticienne politique, se cache une âme d'enfant.

    J'ai attachement particulier au passé, au temps d'avant, et parfois j'en conserve des traces (si tu me parles de mes rides, tu peux ravaler ta morgue petit insolent, je garde un visage lisse comme des fesses de mannequins botoxé)

    J'ai quelque part chez moi une grosse boite (2 en fait) où je conserve des cartes, des coupures de journaux, des jaquettes de cassettes audio, des lettres aussi.

    Je suis comme une petite fille qui ouvre sa boite à trésor quand je me penche sur ces cartons.  Une petite fille qui ouvre de grands yeux, encore émerveillée de ses souvenirs.

    Je t'en montre certains, et ne te moques pas de ce mélange hétéroclite, chaque pièce représente un souvenir cher à mon cœur.

    SN152968.JPG


     

    Dans le sens des aiguilles d'une montre, en partant du bas, tu peux reconnaître :


    - Une photo de Peter O'Toole, tirée du film Lauwrence d'Arabie, de David Lean, l'immense David Lean. Cette photo était scotchée sur la page de garde de mon cahier de français en seconde. J'aime les vieux films, David Lean et Maurice Jarre. Et ces yeux sublimes de Peter O'Toole sont un plaisir supplémentaire.

    -Des photos de Marylin Monroe, idole de mon adolescence, que j'aime toujours et dont la filmographie mérite plus que le cliché de gentille blonde habituel.

    -Une page de pub Opium, avec le sexy Ruppert Everett.

    - Un supplément spécial Jacques Demy des Inrockuptibles. J.Demy est un cinéaste que j'adule, et pas seulement parce qu'il est nantais, ou qu'il sublime Catherine Deneuve et Françoise Dorléac, Anouk Aimé ou Jacques Perrin, ou pour tout ça à la fois...Il filme l'amour, le temps qui passe, le regard plein de tendresse de celui qui veut capter encore un instant de bonheur, un seul instant, avant de tourner les pas.

    -Une coupure de journal annonçant la diffusion de Dream On, une de mes premières série culte, avec l'inénarrable Martin Tupper (joué par Brian Benben). Le héros relie chaque événement de sa vie à des scènes de film. C'est plein de dialogues drôles, percutants et tendres aussi.

    -Une carte postale représentant Morten Harket, le chanteur de A-Ha, oui j'étais amoureuse, te moques pas, j'avais 13 ans à peine.... Et j'écoute toujours leurs albums, que je te conseille !

    -Juste en dessous, 2 reproduction tirées du dessin animé Hercule, de Disney. Alors, un soir que nous étions peut-être un peu ivres de mauvaise vodka et en attente d'un Macdo salvateur, les copains nous attendant d'ailleurs, une amie et moi avions décidé que ces images étaient vraiment très jolies, et qu'il nous les fallait. Le hic c'est qu'elles étaient fixées, et très bien fixées, sur les chariots de Carrefour. On a donc attendu le soir pour commettre notre forfait, avec l'aide d'une sous-Zubrowska pour nous encourager. 12 ans après, je crois, je les ai toujours et je les adore ! **VOLER C'EST MAL**

    - Enfin, le numéro de Vendredi, l'hebdo du Parti Socialiste, sorti à la mort de François Mitterrand. Le 8 janvier de chaque année est pour moi une date triste, même si le 10 mai me redonne le sourire ensuite. Quand il est mort, j'ai pleuré, beaucoup, longtemps. J'ai pleuré sur mon enfance, sur la joie de mon instituteur de CP en 1981, sur ces belles victoires humanistes gagnées avec Badinter, Yvette Roudy. Je pleurais sur cette hymne passé : « France socialiste
    Puisque tu existes
    Tout devient possible ici et maintenant ! » et sur ces espoirs parfois déçus, et parfois source de tant de joie.

    Je conserve ces choses, comme des preuves que ma vie a eu lieu, que j'ai vraiment existé toutes ces années. Ce sont des rappels d'instants tout aussi précieux que ce que j'espère encore de l'avenir.

    Et comme je ne suis pas que nostalgie et sérieux, regarde comme je cède à la grelucherie sans vergogne :

    SN152971.JPG

     

    C'est un adorable ours aux ailes d'ange, dessiné par mon chouchou, Christian Lacroix lors d'un Noël pour les Galeries Lafayette. Je n'avais ni enfant ni nièce ou neveu à gâter, j'ai simplement voulu cet ours pour moi, un doudou de grande fille un peu solitaire et égoïste, un peu triste parfois, et surtout toujours capable d'ouvrir de grand yeux émerveillés devant un ours orange aux ailes blanches.

    Voilà le temps de remercier Chocoladdict, qui me donne une occasion de me pencher sur mon âme d'enfant.

     

  • Toute ressemblance ne serait pas fortuite

     

     

    Très contemporain, non ?

     

     

    Sinon, je ne me suis pas foulée aujourd'hui. Un extrait du magnifique "Napoléon le petit" de Victor Hugo. Remplacez simplement l'image de Louis-Napoléon par celle d'un être un peu nerveux, un peu bourré de tics (et parfois d'alccol), un peu hâbleur et veule, un peu inculte et beauf, un peu autoritariste, un peu con pour résumer grossièrement, et cela fera la blague pour ce jour.

     

    [...] Qu'on traduise devant les assises un malfaiteur quelconque, le voleur dira aux juges: Le chef de l'État a volé vingt-cinq millions à la Banque; le faux témoin dira aux juges: Le chef de l'État a fait un serment à la face de Dieu et des hommes, et ce serment, il l'a violé; le coupable de séquestration arbitraire dira: Le chef de l'État a arrêté et détenu contre toutes les lois les représentants inviolables du peuple souverain; l'escroc dira: Le chef de l'État a escroqué son mandat, escroqué le pouvoir, escroqué les Tuileries; le faussaire dira: Le chef de l'État a falsifié un scrutin; le bandit du coin du bois dira: Le chef de l'État a coupé leur bourse aux princes d'Orléans; le meurtrier dira: Le chef de l'État a fusillé, mitraillé, sabré et égorgé les passants dans les rues; - et tous ensemble, escroc, faussaire, faux témoin, bandit, voleur, assassin, ajouteront: - Et vous, juges, vous êtes allés saluer cet homme, vous êtes allés le louer de s'être parjuré, le complimenter d'avoir fait un faux, le glorifier d'avoir escroqué, le féliciter d'avoir volé et le remercier d'avoir assassiné ! qu'est-ce que vous nous voulez ?
    Certes, c'est là un état de choses grave. S'endormir sur une telle situation, c'est une ignominie de plus.
    Il est temps, répétons-le, que ce monstrueux sommeil des consciences finisse. Il ne faut pas qu'après cet effrayant scandale, le triomphe du crime, ce scandale plus effrayant encore soit donné aux hommes: l'indifférence du monde civilisé.
    Si cela était, l'histoire apparaîtrait un jour comme une vengeresse; et dès à présent, de même que les lions blessés s'enfoncent dans les solitudes, l'homme juste, voilant sa face en présence de cet abaissement universel, se réfugierait dans l'immensité du mépris.[...]

     

    [...]

     

    [...]Les sceptiques sourient et insistent; ils disent: "N'espérez rien. Ce régime, selon vous, est la honte de la France. Soit; cette honte est cotée à la Bourse. N'espérez rien. Vous êtes des poëtes et des rêveurs si vous espérez. Regardez donc: la tribune, la presse, l'intelligence, la parole, la pensée, tout ce qui était la liberté a disparu. Hier cela remuait, cela s'agitait, cela vivait, aujourd'hui cela est pétrifié. Eh bien, on est content, on s'accommode de cette pétrification, on en tire parti, on y fait ses affaires, on vit là-dessus comme à l'ordinaire. La société continue, et force honnêtes gens trouvent les choses bien ainsi. Pourquoi voulez-vous que cette situation change ? pourquoi voulez-vous que cette situation finisse ? Ne vous faites pas illusion, ceci est solide, ceci est stable, ceci est le présent et l'avenir."[...]

     

    Pour les moins fainéants d'entre nous, il est possible de lire le texte en entier à cet endroit.